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Missionnaires Clarétains France | 18 August 2017

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Mercredi Octave de Pâques

Mercredi Octave de Pâques
CMF France

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,13-35.
Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,
et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple :
comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Les deux disciples sont en chemin. Ils sont partis de Jérusalem et vont vers un endroit qui est obscur: Emmaüs. Des manuscrits disent que c’était à 60 stades de Jérusalem (d’où le “deux heures de marche”); d’autres disent 160 stades (19 miles).

Aujourd’hui on est incapable d’identifier l’endroit. Ce qui correspond bien à la situation historique des deux disciples. C’est très dangereux d’être associé à quelqu’un qui a été exécuté par Pilate. Jésus est mort et ce qu’il représentait est mort avec lui. Le plus prudent est de se faire oublier et d’aller se perdre dans le paysage. C’est ce que font ces deux disciples en s’éloignant de Jérusalem.

Mais en route, c’est de lui qu’il parle. “Ils parlaient et discutaient.” Et ils avaient l’air sombre: c’est la remarque que Jésus va leur faire. Pour eux tout ce qu’ils espéraient, le libérateur d’Israël, la libération, tout s’est effondré.

Jésus s’approche, il les rejoint, et marche avec eux.
“Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.”
Empêchés par quoi?

Jésus ressuscité n’est pas simplement revenu à la vie qu’il avait avant la Passion comme l’a fait Lazare ou la petite fille de Jaïre. Il est dans la vie nouvelle. On ne peut le reconnaître qu’après avoir été introduit dans le mystère de sa mort et de sa résurrection et c’est ce que Jésus va faire avec les Écritures.

Jésus demande : « Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant? »

La question de Jésus semble comporter une image qui ferait une référence à la façon rabbinique de discuter. On a essayé la traduction suivante:

“Quelles sont ces paroles que, l’un avec l’autre, vous jetez pêle-mêle en marchant?”

Ils discutaient sans arriver à une conclusion. Dans tous ces événements concernant Jésus il n’y a rien à comprendre.

“Alors ils s’arrêtèrent, l’air sombre.”
Tout discernement suppose qu’on s’arrête; et on ne s’arrête pas seul: il faut quelqu’un qui serve de miroir.

Ce qui suit dans la réponse de Cléophas est une description objective, comme un résumé de journal. Il y a seulement l’exception, à la fin: la réaction émotive de celui qui parle:

“Et nous nous espérions que ce serait lui qui allait délivrer Israël.”
C’est donc la vision extérieure des événements: ce sont des paroles humaines.

C’est la première étape du discernement: les éléments objectifs qu’on peut trouver mais aussi les réactions subjectives, les frustrations, les blessures. En somme un ensemble de pièces détachées comme les pièces d’un puzzle où on voudrait bien trouver une façon d’unifier cela, pour saisir un sens ou une direction. Les deux disciples en sont incapables même s’ils continuent à chercher.

Après les paroles humaines, l’étape qui va suivre est celle de l’écoute. Jésus va leur faire écouter les paroles de la Bible à son sujet. Et peu à peu leur coeur va se réchauffer car ces paroles ne sont pas simplement des informations: elles parlent au coeur. Il ne faut pas simplement les entendre, il faut rester avec elles. C’est pour cela, par exemple, que la répétition des chants qui sont imprégnés de la Bible ne sont pas des répétitions mais une écoute prolongée qui pénètre et fait découvrir. Ce réchauffement s’est fait peu à peu; c’est seulement après qu’ils s’en rendent compte. C’est un cheminement.

A la lumière des Écritures ils pourront le reconnaître par le geste qu’il va faire. Mais le geste de la fraction du pain est une réponse à ce qu’ils viennent de demander : “Reste avec nous car le soir vient et la journée est déjà avancée.” C’est la fraction du pain qui est la réponse finale à cette demande. Jésus n’a plus besoin d’être visible : il est là.

Le dénouement du discernement des deux disciples est qu’ils reprennent le chemin, mais dans la direction opposée, pour aller retrouver la communauté de Jérusalem et faire leur témoignage.

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