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Missionnaires Clarétains France | 23 November 2017

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Saint Sacrement

Saint Sacrement
CMF France

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,51-58.
En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »
Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Trois textes sont proposés pour souligner la fête du pain de vie : la faim au désert, le rassasiement de la foule par Jésus, ainsi que le partage fraternel dans la lettre aux Corinthiens. Dans la  1ère lecture, dans le livre du Deutéronome, l’auteur écrit «Souviens-toi…» . Se souvenir, c’est se rappeler, c’est faire mémoire. Cela nous renvoie au passé, d’un événement passé qui a une telle importance, qu’il donne sens au présent, à l’aujourd’hui, et qui transforme. Pour nous chrétiens, l’Eucharistie est aussi un mémorial. Elle nous renvoie à un événement passé : la mort-résurrection de Jésus. Cet événement est interprété par Jean qui met dans la bouche de Jésus un difficile discours. Nous comprenons pourquoi les Juifs discutaient entre eux. Que signifie manger la chair et boire le sang du Fils de l’Homme ? Comment cela peut-il nous faire demeurer en Dieu et lui demeurer en nous ? Comment cela peut-il nous faire vivre éternellement ? Nous sommes entraînés dans un langage très imagé.

Pour nous faire demeurer en lui, Jésus nous offre et nous ordonne de nous nourrir de lui-même. Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. La Parole de Dieu a pris chair en Jésus. Manger sa chair, manger la Parole de Dieu, c’est la même chose puisque la Parole s’est fait chair.  Manger est  un acte de transformation de ce qui est mangé et de celui qui mange, un acte de transformation personnelle, un acte d’union, de communion avec l’autre, un acte pour la vie. En mangeant la Parole de Dieu, en la ruminant, en la partageant entre nous, en mangeant le Pain de l’eucharistie, nous prenons le rude chemin qui fut celui de Jésus.

Recevoir le pain de vie n’est pas un acte de foi à l’aveuglette, sans fondement, sans assurance. Cette invitation ne s’adresse pas à une élite de gens bien, de bons chrétiens. Elle s’adresse à tous, à la foule, comme dit l’évangile. C’est une invitation au bonheur d’être chrétiens. Même si ce n’est pas toujours facile de le comprendre et surtout d’en vivre. Dieu n’est pas justicier et vengeur, comptable de tous les péchés et errances humaines. Dieu est miséricordieux, tendre, plein d’amour. Un Dieu pardon. Un Dieu attentif aux petits et aux faibles, à ceux qui traînent leur misère, qui traînent leur vie. Un Dieu qui tend la main à tous. Un Dieu  pour qui la religion avec ses pratiques rituelles et sacramentelles n’est rien sans la justice et l’attention aux laissés pour compte.  Ceux qui ne savent pas communier sont ceux qui refusent de partager, ceux qui ignorent les pauvres, ceux qui méprisent les autres, ceux qui condamnent et qui excluent les petits, les mal-aimés, les blessés de la vie. Ceux-là sont indignes de communier et de célébrer l’Eucharistie.

L’événement fondateur de l’Eucharistie, c’est Pâques, c’est-à-dire la mort-résurrection de Jésus. Manger ce pain et boire ce vin, c’est communier à la vie donnée de Jésus et à sa vie de Ressuscité. Faisons confiance, faisons acte de foi. Malgré les apparences parfois, malgré les forces qui dominent le monde, proclamons que la vraie vie est manifestée et donnée par Jésus qui ouvre ses bras jusqu’à en être écartelé sur la croix. Tout cela commence par une recherche dans notre désert, la recherche d’une vie pleine, authentique, solidaire. Cela commence par une faim de Dieu qui permet de voir ce que vous avons dans le cœur, et surtout pour nous faire voir ce que déjà Dieu a mis dans notre cœur.

Nous devons marcher à la suite de Jésus, nous devons partager et distribuer le pain de la vie à tous. Nous devons nous mettre dans les pas de Jésus,  vivre de son Esprit, devenir à notre tour un pain partagé pour les autres qui ont faim. Il s’agit de faire que ce monde trop souvent inhumain soit un peu plus humain, le début de réalisation d’un monde où chacun aura du pain. Du pain pour manger à sa faim, le pain de la dignité humaine, le pain de la fraternité partagée.

Sommes-nous sûrs d’être capables de suivre Jésus ? Sommes-nous sûrs de pouvoir accorder nos vies, dans ce qu’elles ont de très concret, de très terre à terre, avec ce que nos paroles et nos gestes de communion proclament aux yeux de tous? Sommes-nous sûrs que nos communions à la messe sont le signe d’une vie renouvelée ?

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