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Missionnaires Clarétains France | 18 August 2017

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19 Dimanche Temps Ordinaire

19 Dimanche Temps Ordinaire
CMF France

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 14,22-33.
Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier.
Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »
Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »
Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

Après le récit de la multiplication des pains de dimanche dernier, voici celui de la marche sur les eaux d’une mer agitée qui fait craindre les disciples. Après la multiplication des pains, Jésus se retire dans la montagne, à l’écart, pour prier seul. Tandis que Jésus part à la montagne, les disciples, eux, sont expédiés sur la mer, en barque. Elle est secouée. Dans toute la tradition biblique, la montagne est un lieu privilégié de la rencontre de Dieu tandis que la mer est le séjour des puissances du Mal. C’est le lieu de l’agitation. La barque est battue par les vagues, comme la vie des chrétiens affrontés à toutes sortes de désarrois, de désespérances, de vents contraires. Va-t-on pouvoir s’en sortir ?

La montagne conduit spontanément à l’intériorité et au spirituel. Comme Élie, dont il était question dans la première lecture, Jésus se met à l’écoute de Dieu. Si Dieu parle parfois dans le tonnerre et dans le feu, il parle aussi dans le murmure d’une brise légère. Jésus vint vers les disciples en marchant sur la mer en vainqueur du Mal. Les disciples doivent prendre une décision : si vraiment c’est Jésus, il faut l’accueillir tout de suite. Mais comment savoir ? C’est alors que Pierre prend l’initiative : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux! » Et dans le vent, la même voix calme se fait entendre : « Viens ! ». Pierre va parcourir le chemin de la foi. Croire, oser croire, c’est marcher avec confiance sur les eaux du désarroi, du doute, de la critique. Quand Pierre regarde Jésus et met en lui sa confiance, il avance. Quand il regarde le vent contraire et qu’il prend peur, il s’enfonce.

Pierre se retrouve sur l’eau. Il marche, comme Jésus a marché. Mais le vent ne faiblit pas. Pierre prend peur. Il pense maintenant plus à la force du vent qu’à la force de Jésus, il s’enfonce. Pierre saisit la main que Jésus lui tend. C’est bien cela que Jésus attend de nous : une confiance audacieuse, au-delà de toutes les impressions, au-delà de tout ce qui s’agite dans notre cœur ou notre intelligence. Mais désormais c’est lui seul qu’il faut regarder.

Notre évangile aujourd’hui c’est un texte qui veut questionner notre foi, la bousculer, la fortifier, l’enrichir. Nous sommes concernés par ce récit. Ne sommes-nous pas, nous aussi, embarqués dans la vie où le vent nous est si souvent contraire ? Ne risquons-nous pas, nous aussi, de couler dans le désespoir, le pessimisme, la peur ? Ne sommes-nous pas parfois au bord de cet abîme qu’est la haine ? Une main secourable est tendue. C’est celle de Jésus.

Sur la mer, c’est un homme de Nazareth qui tendait la main à celui qui s’enfonçait inexorablement pour le faire reprendre pied et retrouver sa place dans la barque de la vie. C’est un homme qui a partagé le pain pour tous. C’est un homme qui a étendu les bras sur la croix pour embrasser le monde entier dans son geste d’amour et de partage. À nous aussi, une main est tendue.

Nous luttons, longtemps parfois, contre les vents contraires de la vie, contre les bourrasques de l’aventure fraternelle, contre les tentations de facilité, contre la lassitude de prier ou les refus de dialogue. Jésus ressuscité nous invite à prendre le risque de la foi et à marcher sur les eaux. Il nous invite à la confiance, à l’espérance et à l’Amour avec ce que nous sommes : nos forces et nos faiblesses, nos beautés et nos fragilités. Jésus se manifeste à nous, à travers les brises légères de nos vies. Il nous assure de sa présence jusqu’à la fin des temps.

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