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Missionnaires Clarétains France | 19 September 2018

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20 Dimanche Temps Ordinaire

20 Dimanche Temps Ordinaire
CMF France

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15,21-28.
En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »
Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! »
Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »
Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »
Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »
Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

Dans la première lecture (Is 56,1.6-7), au retour de l’exile à Babylone, le prophète Isaïe présente la possibilité d’accueillir les étrangers qui sont venus avec le peuple israélite de l’exile. Or, d’après la législation antique (Dt 17,15; 23,3) ni les étrangers ni les eunuques ne pouvaient appartenir à l’assemblée du peuple d’Israël. Pour le prophète, si l’étranger accomplit la loi du Seigneur, c’est-à-dire, le servir, respecter le sabbat et persévérer dans l’alliance, pourquoi le peuple d’Israël ne l’accueillerait-il pas? Au fond, le prophète est en train de dire que le plus important, c’est foi en Dieu, et non l’origine ou la condition, ni la race. C’est pourquoi le psaume 66 dit que « Tous les peuples rendent grâce à Dieu ». Telle est la destinée de tout être humain et de tous les peuples.

Le récit de l’évangile vient juste après la dure attaque de Jésus contre les scribes et les pharisiens. Ces derniers avaient demandé à Jésus pourquoi ses disciples n’accomplissaient pas la loi (laver les mains avant de manger). Jésus les appelle hypocrites, parce qu’ils accomplissent la loi par intérêt. Ce qui fait mal à l’homme, ce n’est pas ce qui entre dans sa bouche, mais ce qui sort de la bouche. Beaucoup de lois sont des préceptes humains qu’il ne faut pas absolutiser. Ce qui sort du cœur de l’homme: mauvaises pensées, mauvais désirs, haine, rancœur, exclusion, racisme, voilà ce qui souille l’homme. Et voilà ce que l’homme doit combattre. Et cela est demandé à tous les peuples. Le voyage de Jésus dans la région de Tyr et de Sidon est donc un geste par lequel Jésus montre que le salut n’est pas la propriété d’un peuple, ni d’une race. Le salut est pour tout ceux qui acceptent la parole de Dieu.

Et c’est dans une terre païenne, à Tyr et Sidon, que Jésus va manifester l’universalité du salut. Nous devons admirer l’attitude de cette étrangère. Elle va demander de l’aide à un étranger pour sa fille qui est tourmentée par un démon: « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ». Voilà sa confession de foi. Cette étrangère reconnaît en Jésus Dieu. Et Jésus met sa foi à l’épreuve en lui disant qu’Il n’a été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël. Mais cette pauvre femme vient se mettre à genoux devant Jésus en lui disant: « Seigneur, viens à mon secours ». Pour Jésus, tous, nous sommes des enfants de Dieu. Cette femme, comme toute bonne mère, qui est en train de lutter pour sauver sa fille, mérite l’aide du Seigneur. Elle peut se conformer tout simplement des miettes du salut. Devant une telle profession de foi, Jésus guérit sa fille: « Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux! » C’est aussi ce que nous dit la lettre aux Romain: les gentils, les péans ont obtenu la miséricorde du Seigneur.

Tous nous sommes, de quelque manière, étrangers. Et comme tels, nous avons des droits et des devoirs vis-à-vis de ceux qui nous accueillent. Le plus important ce n’est pas d’être né dans ce pays pour se sentir fils/filles de son pays d’accueil. Nous avons l’obligation de respecter la vie et les coutumes du peuple qui nous accueille. C’est-à-dire de se faire aimer par son peuple. Nul n’est étranger sur terre quand il est capable, en toute vérité, d’entrer dans le cœur des hommes. L’accueil de l’étranger n’est pas donné d’avance. Celui qui arrive et celui qui accueille sont tous bousculés. Quand on arrive sur un pays, voilà le peuple que Dieu nous donne. L’étranger doit apprendre à aimer ce peuple, sa culture, à entrer dans son histoire; à être un avec ce peuple.

Ceux qui accueillent reçoivent parfois des gens à genoux, tourmentés par les démons de la modernité: guerre, génocide, violation des droits de l’homme, misère, maltraitance, exclusions et toutes formes d’abus. Il leur revient de reconnaître à ces étrangers des fils/filles de Dieu et de leur donner la possibilité de devenir membre de la communauté de leur peuple. Pas des communautés juxtaposées les unes à côté des autres, mais un même peuple, riche dans son expression culturelle.

Notre foi est mise à rude épreuve. Beaucoup reste à construire. Mais nous ne sommes pas seuls dans ce combat pour le salut, Dieu est à l’œuvre et les hommes et femmes de bonne volonté aussi. Demandons cette grâce d’être des étrangers qui s’accueillent.

Pierre ZANGA, CMF.

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