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Missionnaires Clarétains France | 17 October 2017

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24 Dimanche Temps Ordinaire

24 Dimanche Temps Ordinaire
CMF France

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,21-35.
En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? »
Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.
Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.”
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !”
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.”
Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Nous continuons à apprendre avec Jésus comment guérir nos relations humaines. Cet évangile fait suite à celui de dimanche dernier, où le Christ nous enseignait le devoir de correction fraternelle. Aujourd’hui, il nous enseigne le devoir absolu de pardonner. Si comme nous l’avons vu dimanche dernier, corriger son frère est une tâche bien délicate, pardonner, nous le savons tous par expérience, est loin d’être un acte facile. Et demander pardon est parfois encore plus difficile, car nous devons nous reconnaître coupables, et nous humilier.

Et pourtant, le Christ nous montre que le pardon est un chemin de vie, qu’il est fondamental, vital. Il nous enseigne que seul le pardon permet de guérir en profondeur une relation blessée.

Quand nous subissons une offense grave, une agression, une attaque. Notre premier mouvement instinctif est bien souvent d’abord celui de nous défendre. Et cette réaction est bien compréhensible. Mais cette réaction de légitime défense peut nous entraîner, si on laisse parler nos instincts, vers un désir de rendre nous-même justice, d’obtenir réparation. Un pas de plus et nous entrons dans la tentation de nous venger, de faire payer. C’est la Loi du Talion. Œil pour œil, dent pour dent. C’était cette forme de justice qui régulait bien souvent les rapports humains dans l’Ancien Testament.

Mais l’application de la Loi du Talion non seulement ne résout rien, ne répare pas le mal subi mais elle n’est jamais juste. La vengeance n’est jamais juste. La vengeance nous entraîne dans une spirale, une surenchère. Comme on évalue le niveau de l’offense qu’on vient de subir en fonction du degré de souffrance qu’on ressent, alors notre réaction est le plus souvent disproportionnée. On fait subir à l’autre une souffrance plus dure encore. Et on est pris dans une surenchère qui n’en finit pas, et qui détruit tout sur son passage.

Souvenez vous dans la Genèse, le chant de vengeance de Lamek, le descendant de Caïn, qui disait : « j’ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure » et il ajoutait « Caïn a été vengé 7 fois ; mais Lamek 77 fois ».

Face à cette surenchère de la vengeance, le Christ oppose, lui, une surenchère du pardon : « il faut pardonner à ton frère jusqu’à 70 fois 7 fois. » C’est-à-dire il faut pardonner sans fin. La mesure du pardon que nous montre Jésus est justement d’être sans mesure, infini.

Jésus veut nous montrer que pardonner est d’abord un acte de liberté, et non pas un acte de faiblesse, de naïveté… Celui qui pardonne est quelqu’un qui ne se laisse pas dominer par le mal que son adversaire lui fait. Le fait de pardonner permet de briser ce cercle infernal de la violence, de la surenchère.

Le pardon est aussi un acte créateur. Il permet de recréer la relation qui a été détruite. Il est un appel pour que le mal n’ait pas le dernier mot.

Mais le pardon reste avant tout un acte d’Amour. Par-donner, c’est donner au-delà, aimer au-delà.. par-dessus tout.. malgré tout le mal qu’on nous a fait..

Comment peut-on y arriver ? En découvrant constamment à quel point Dieu nous aime d’un amour de Père, qu’il nous aime malgré tous nos péchés… On découvre l’immensité de cette miséricorde notamment dans le sacrement du pardon !

Tant que nous agissons comme des orphelins, livrés à nous-mêmes, nous nous laissons conduire le plus souvent par cette violence animale qui est tapie au fond de chacun de nous…

Mais quand nous retrouvons notre juste place d’enfant de Dieu, quand nous nous mettons sous le regard d’Amour miséricordieux de notre Père du Ciel, alors tout devient possible, même de pardonner à celui qui devant Dieu reste malgré tout notre frère.

C’est parce que j’expérimente à quel point Dieu m’aime, malgré ce que je suis, que je peux trouver la force de pardonner à mon tour les offenses qu’on me fait.

Et si vous avez encore du mal à pardonner, prenez le temps de méditer un des plus beaux exemples de pardon que le Christ nous ait laissé. Il s’agit de cette prière qu’Il adresse à son Père sur la croix : « Mon Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34).

Jésus ne dit pas : « je leur pardonne », ce qui pourrait sembler donner une leçon. Non, Il s’en remet au Père et il intercède pour ceux qui l’ont torturé, et crucifié. Mieux, il les disculpe, il les défend : « ils ne savent pas ce qu’ils font ! ». Jusqu’au bout, Jésus veut sauver tous les hommes, y compris ses bourreaux. Et l’ultime prière qui peut les sauver, c’est qu’ils soient pardonnés pour le mal qu’ils font.

Seul le pardon peut détruire le cycle de la haine, du mal, des engrenages qui conduisent tout doucement à la mort de l’âme. C’est pour ça que refuser le pardon est un péché impardonnable. Refuser le pardon, c’est refuser la Vie, c’est refuser le Salut, c’est se condamner soi-même…

Alors si nous avons là encore sur le cœur un pardon que nous n’arrivons pas à donner, ou un pardon que nous n’arrivons pas à demander, demandons avec persévérance au Seigneur de nous conduire sur ce chemin du pardon que le Christ a ouvert pour nous sur la croix.

Et soyons confiants. Le Seigneur nous exaucera. Amen.

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