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Missionnaires Clarétains France | 23 November 2017

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28 Dimanche Temps Ordinaire

28 Dimanche Temps Ordinaire
CMF France

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,1-14.
En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à parler aux grands prêtres et aux anciens du peuple, et il leur dit en paraboles :
« Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils.
Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : “Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.”
Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ;
les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.
Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville.
Alors il dit à ses serviteurs : “Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes.
Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.”
Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.
Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce.
Il lui dit : “Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?” L’autre garda le silence.
Alors le roi dit aux serviteurs : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.”
Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »

Mais qu’est ce qu’il veut notre roi dans la parabole: ce qu’il veut c’est que sa soirée soit réussie et que la salle soit remplie. Du coup il invite : ses potes d’abord, les invités d’honneur, mais voila ils viennent pas, ils doivent avoir mieux à faire, du coup il bat le rappel et il envoie ses serviteurs ramasser tous ceux qui trainent sur le chemin, les bons, les mauvais, nous tous, Nous qui sommes entrés, nous qui sommes là aujourd’hui… et la salle des noces est remplie.

Jusque là ca va. Du coup peut-être qu’un d’entre nous risque de se voir taper sur le coin de l’épaule : « Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir la tenue de noce ? Jetez-le dehors, pieds et poings liés, dans les ténèbres. Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus », quoi on est vraiment trop nombreux dans l’église pour se payer le luxe d’en virer ?

Mais il doit y avoir une erreur dans notre parabole, c’est pas possible ! un truc qui nous a échappé et, pour le trouver, voyons deux personnages, deux caricatures que le Seigneur voudrait nous dissuader d’imiter : l’arrogant et le parvenu.

L’arrogant, c’est celui qui a toujours mieux à faire que de fréquenter Jésus et son entourage. C’est celui qui dit « Pourquoi perdre mon temps à écouter une Église aux discours périmés, aux prédications tiédasses et insipides ?  Je sais mieux qu’elle, moi, ce qu’il faut dire et penser aujourd’hui. Elle ignore tout de ce qu’est le monde, le vrai monde, le monde actuel. Pourquoi perdre mon temps à prier Dieu ? Moi si je veux parler à Dieu j’ai pas besoin des prières et des sacrements, j’ai une relation directe avec lui. Bref, l’arrogant ne voit pas pourquoi mettre les pieds à l’Église. Il n’a pas besoin d’elle pour réussir sa vie.

Et le parvenu, la deuxième caricature et ben c’est celui qui se croit arrivé. Celui-là, aussitôt accueilli par pure miséricorde, oublie qu’il n’était rien, que tout lui est donné par grâce. Aussitôt entré, il se croit chez lui. Il prend ses aises, il met les pieds sur le canapé. Il est heureux d’être là, pour lui, pour son épanouissement, son confort, mais il se garde bien de chercher à écouter le Maître de maison, encore moins à faire ce qui Lui plaît. En bref, il se croit dispensé de revêtir la tenue de noce. Il est entré maintenant qu’on le lâche. Pourtant le serviteur, à l’entrée, il lui avait bien dit : « Vous donc, les élus de Dieu, revêtez des sentiments de tendre compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience, supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement. Et puis, par dessus tout, revêtez la charité, en laquelle se noue la perfection ».

Non, frères et sœurs, il ne nous est pas demandé d’arriver avec notre propre vêtement de noce. Notre propre vêtement de noce, celui que nous pourrions apporter nous-mêmes il est trop moche, trop petit, trop vieux. Il s’agit, qu’une fois entrés, de nous laisser revêtir de l’homme nouveau, du Christ lui-même, de ses sentiments et de sa charité. Il s’agit de placer concrètement notre vie sous la loi du Christ, loi ferme et douce, exigeante et libératrice, la loi de L’Esprit qui répand la charité dans nos cœurs.

Eh Oui, il ne nous suffit pas d’être entrés, c’est-à-dire de croire, d’avoir la foi, en disant « Seigneur, Seigneur ». Il faut nous laisser transformer, décaper, dépouiller, habiller par la charité, c’est-à-dire apprendre à aimer, à aimer toujours davantage, et on ne peut aimer vraiment que si l’on est d’abord entré, que si l’on croit. Car il n’y a que la foi, la connaissance de Jésus qui nous découvre la vérité de l’amour, de cet amour qui se donne sur la croix, de cet amour que Dieu nous donne pour que nous le donnions en retour. Mais on ne peut croire en vérité que si l’on aime. La foi, sans la charité, elle est morte ; elle n’est que cymbale qui résonne ; elle ne sert à rien. Voilà pourquoi le parvenu on le jette dehors. C’est ainsi que nous pouvons mieux comprendre le sens de cette parole de Jésus : Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus.

Jésus, ici, ne parle pas en censeur qui compte, qui calcule et additionne. Jésus nous parle en pédagogue, en maître qui exhorte et avertit chacun d’entre nous avec gravité, il s’adresse à notre responsabilité, il nous parle comme à des hommes libres, des hommes debout : « As-tu revêtu le vêtement des noces ? » Pas pour nous effrayer, mais pour aviver en nous le sérieux de notre salut, le sérieux de la réponse que nous devons donner au Seigneur, aujourd’hui, pas en paroles mais en actes, en retour du don qu’il nous fait de sa charité.

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