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Missionnaires Clarétains France | 23 November 2017

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32 Dimanche Temps Ordinaire

32 Dimanche Temps Ordinaire
CMF France

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,1-13.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole :
« Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.
Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes :
les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile.
Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe.
Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.”
Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”
Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

On n’entre pas dans le Royaume de Dieu comme dans un moulin.

Lorsque Dieu épouse l’humanité, lorsqu’il l’invite à partager sa vie, le carton d’invitation ne suffit pas pour entrer dans sa joie. Encore faut-il se préparer le cœur.

Ce n’est pas parce qu’on est invité à partager la vie même de Dieu qu’on est dispensé des lois les plus élémentaires de la conduite et de la sagesse humaines.

Les jeunes insouciantes qui se voient fermer la porte au nez en font l’amère expérience. Si l’époux se conduit envers elles de manière inhumaine à notre goût, c’est parce qu’elles ne s’étaient pas conduites comme des femmes, mais comme des enfants gâtées.

L’imprévoyance de l’enfance, sa manière de vivre dans l’instant, au gré de ses humeurs et de son irresponsabilité, c’est charmant, c’est touchant mais… chez un enfant ! Chez un adulte, c’est consternant.

Si Jésus raconte cette histoire, c’est parce qu’il est consterné. Il est consterné par l’irresponsabilité de ses auditeurs. Ils voudraient tout, et tout de suite : le Royaume de Dieu, ses miracles, ses signes et ses prodiges ; le pain pour tous, la prospérité et la santé pour tous, les occupants romains à la porte… Bref le retour à un âge d’or d’Israël.

Si saint Matthieu a cru bon de rapporter cette parabole, c’est parce que la première génération chrétienne l’inquiétait. Du moment qu’ils faisaient partie de la communauté des élus, des sauvés, certains s’estimaient dispensés d’observer les règles élémentaires de la conduite et de la sagesse humaines. On trouve chez saint Paul et dans les Actes des Apôtres des aperçus édifiants : repas du Seigneur qui dégénèrent en beuveries, détournements de fonds, ou simplement égoïsme tranquille qui ferme les yeux sur la détresse des frères humains… Lorsqu’on se prend pour un ange, on fait facilement la bête.

Si l’Eglise continue de lire aujourd’hui cette parabole, c’est parce que celle-ci a quelque chose à nous dire. Certes, nous ne sommes plus au temps des lampes à huile, et il y a toujours une station-service ouverte à deux heures du matin pour acheter des piles électriques. Mais cette mentalité du « Tout, tout de suite ! » ; surtout, cette image d’un Dieu magicien qui pourrait suppléer à nos insuffisances, pourvoir à nos besoins et combler nos désirs, les plus futiles comme les plus nobles, cette image n’est pas celle du Dieu de Jésus-Christ.

Vouloir que le soleil brille, alors qu’on est dans la nuit, c’est se comporter comme un enfant. Certes le Christ n’attend pas que nous soyons des surhommes pour nous faire signe. Mais il veut que nous soyons responsables, et d’abord responsables de nous-mêmes. Il n’est pas venu infantiliser l’humanité. Le Christ est venu appeler l’humanité à être d’abord elle-même, responsable d’elle-même.

Nous sommes une humanité dans la nuit, à bien des égards. C’est dans notre nuit que le Christ vient nous rejoindre. Mais la lumière de Pâques n’a rien d’un projecteur aveuglant. C’est une lumière discrète, qui ne brille que pour les cœurs prêts à la reconnaître ; des cœurs qui ne sont pas assoupis dans le sommeil de la facilité, que provoque parfois l’excès de souffrance.

La nuit est toujours le temps de la foi. Si le grand jour régnait, ce ne serait plus la foi. Ce serait l’évidence.

Le Christ nous appelle à la foi. C’est-à-dire à la résistance : résistance au sommeil, à la facilité, à la lâcheté, à l’infantilisme. Il nous appelle à être des veilleurs : à garder les yeux ouverts ; à ne pas nous laisser duper, endormir par les illusions de la facilité et des faiseurs de discours.

La sagesse est le nom profane de la foi. La sagesse est une conduite humaine. Reconnaître en quelqu’un un sage, c’est reconnaître en lui le plus haut achèvement de l’humanité. L’Ancien Testament (nous l’avons entendu dans la première lecture), l’Ancien Testament et Jésus n’ont pas craint de canoniser la Sagesse (avec un grand S), de voir en elle la fille aimée de Dieu : figure de l’Esprit Saint et du Christ lui-même.

La Sagesse se donne à qui veut bien d’elle. Demandons l’esprit de sagesse. Il nous aidera à tenir dans la foi. Il éclairera notre nuit. Il nous aidera à être des hommes et des femmes responsables, selon le cœur de Dieu. C’est cet esprit de sagesse qui nous ouvrira le Royaume de Dieu.

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