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Missionnaires Clarétains France | 17 December 2017

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33 Dimanche Temps Ordinaire

33 Dimanche Temps Ordinaire
CMF France

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,14-30.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Un homme qui partait en voyage appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt,
celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres.
De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres.
Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes.
Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.”
Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”
Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.”
Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”
Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.
J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.”
Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.
Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts.
Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix.
À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a.
Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »

Ces lectures nous invitent à la vigilance active. Comme le rappelle Saint Paul, nous ne savons pas la date du retour de Jésus ressuscité. Cela n’a pas d’importance, ce qui compte c’est de savoir si nous serons prêts à l’accueillir. Nous sommes invités à une vigilance active et confiante et non à une inquiétude peureuse et paralysante. Il s’agit d’être prêt à recevoir, à accueillir dans une rencontre d’amour qui sera la réalisation des promesses, l’accomplissement du Royaume, comme dans la première lecture qui nous donne en exemple la femme qui partage en toute liberté, l’amour dans la famille.

La parabole des talents, des importants trésors qui nous sont confiés, est un hommage à la liberté humaine. Dieu nous fait confiance et s’en remet à nous. La parabole nous montre que chacun des serviteurs agit selon l’image de Dieu qu’il porte en son cœur. Le fruit de son travail correspond à l’image positive ou négative qu’il se fait de son Dieu. Dieu nous veut créatifs. Le serviteur qui sera blâmé au retour du maître pour ne pas avoir fait fructifier ses talents connaissait et attendait le retour de son maître, il ne s’était pas endormi. Mais cette attente était vécue dans l’inquiétude et la crainte. Ce qui fait échouer ce serviteur c’est son refus de la confiance, voire même de la relation avec son maître. Le talent caché dans la terre est le symbole du refus de placer sa vie et ses dons dans la relation avec le maître. La peur et le manque de confiance rompent la relation d’amour en nous placent en spectateurs inactifs et craintifs des préparatifs du Royaume. Avoir peur de Dieu, c’est lui fermer la porte et c’est désespérer de lui. Avoir peur de Dieu, c’est se laisser mourir à petit feu.

Dieu nous a confié des biens. Nous savons ce que veut dire avoir du bien, du bien matériel, ce qui est à nous, ce que nous avons hérité ou gagné. Nos biens ce sont aussi nos savoir-faire, nos connaissances, nos relations, toutes choses que nous pouvons appeler talents. Nous savons aussi que dans ce domaine nous ne sommes pas tous égaux et tant s’en faut. Ces biens qui ont pour noms miséricorde, pardon, accueil, don de soi, droiture, fidélité, paix, et compassion. Ils nous ont été confiés pour les faire fructifier selon nos propres capacités, à la mesure de nos propres possibilités, de nos responsabilités. Cette parabole nous pousse à ne pas cacher notre foi, à ne pas enterrer la Parole de Dieu. Elle suggère de faire circuler entre nous, dans nos relations et à travers toutes les situations concrètes, le peu que nous avons reçu. Combien de personnes avons-nous encouragées à l’espérance ? Combien de gestes d’amour gratuits avons-nous partagés avec les marcheurs en panne le long de nos routes ? Reprenons-nous le dialogue là où il y a rupture de communication, là où il y a des relations bloquées ? Jésus nous donne en abondance son pain qu’il nous demande de multiplier nous-mêmes en invitant à sa table les sans-logis; allons dehors chercher des invités, les sans-travail. Jésus nous demande  de faire connaître  Dieu, que toute la création goûte son amour. Il dépend de nous de propager la bonne nouvelle. Plus qu’une morale de l’action où chacun doit donner le meilleur de lui-même, cette parabole nous fait participer au rêve de Dieu. Ce ne sont pas nos biens récoltés au centuple qui intéressent le maître, mais nous, comme personne. Il veut nous offrir son bonheur à nous qui prenons le risque de le partager avec les autres. À nous qui pensons peut-être parfois ne rien pouvoir, ne rien valoir, Jésus nous dit que nous pouvons toujours nous associer à la peine de ceux qui pleurent, partager avec ceux qui sont plus mal lotis que nous, nous défaire de nos armes de jalousie, de rancune, de vengeance, porter la paix là où nous sommes et non la discorde.

Il faut mettre la Parole de Dieu dans notre cœur, dans notre vie au lieu de se contenter d’une vie artificielle, superficielle et confortable. Une vie où nous prévoyons tout ! nous contrôlons tout !  Jésus nous invite à dépasser les frontières que nous mettons dans notre cœur, dans notre vie, pour accéder à un pays de relations vraies, de solidarités vécues et d’épanouissement intérieur et social.

La vraie richesse, c’est celle qui nous fait plus solidaires, plus fraternels, finalement plus humains avec nos frères humains et ainsi plus proches de Dieu et de son Royaume.

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