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Missionnaires Clarétains France | 17 December 2017

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Christ Roi de l’Univers

Christ Roi de l’Univers
CMF France

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,31-46.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?”
Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

La parabole d’aujourd’hui concerne toutes les nations. Elle nous parle du jugement qui s’appliquera, non seulement aux chrétiens de tous les temps, mais aussi à tous les peuples. Toutes les nations seront rassemblées devant le roi. Ce roi agira comme un berger qui fera preuve d’amour envers toutes les brebis et spécialement les plus vulnérables. Ce qui va séparer, diviser les uns des autres c’est la manière dont ils auront aimé les petits, les souffrants, la manière dont ils se seront comportés face à la souffrance de leurs proches et des étrangers.

Chaque fois qu’un geste de charité envers un petit est accompli, c’est envers Dieu lui-même qu’il est fait. Parmi tous les pauvres de la terre, n’oublions pas de nous compter nous-mêmes. Car chacun de nous, à certaines heures, est lui-même assoiffé, prisonnier, dépouillé, démuni. Ayons aussi compassion de nous-mêmes. Comptons-nous aussi au nombre des pauvres que Dieu aime. Pour entraîner le monde dans ce grand mouvement de charité, il faut y être présent tels des chrétiens qui ont faim et soif, des chrétiens rencontrant ceux qui sont étrangers, nus, malades et en prison. Il faut des chrétiens qui vivent les Béatitudes, sinon cela devient un obstacle sur le chemin du salut. Saint Paul nous donne Jésus ressuscité en exemple. Être chrétien, c’est très exigeant, mais c’est de cette façon que l’étranger pourra rencontrer et reconnaître Dieu. Un Dieu qui est un juge, un roi, un berger, mais aussi un frère.

Dieu est pauvre quand il est dénudé par nos manques d’amour, emprisonné par nos indifférences, rejeté par nos péchés. Il ne cesse de crier vers nous pour attirer notre attention, car la Royauté de Dieu n’est pas de ce monde. Dieu ne se fait pas obéir par la menace, ou la crainte. Ce qu’il nous demande, c’est notre Amour. Il nous demande de l’aimer non pas par intérêt, ou pour obtenir un billet d’entrée au paradis. Il nous demande donc d’aimer et de servir le pauvre dans le besoin, non pas pour obtenir une récompense de Dieu, mais tout simplement par une juste et véritable compassion.

Pour accueillir la royauté de Jésus nous sommes appelés à fixer le regard sur le Christ, pour lui devenir toujours plus fidèles. Que de fois, aussi parmi nous, les sécurités tranquillisantes offertes par le monde sont recherchées. La force d’attraction du pouvoir et du succès semblé être une voie facile et rapide pour répandre l’Évangile, oubliant trop vite comment opère le règne de Dieu. Cette solennité du Christ-Roi nous invite à redécouvrir le centre, à revenir à l’essentiel : à regarder le vrai visage de notre Roi, celui qui resplendit à Pâques, et à redécouvrir le visage jeune et beau de l’Église qui resplendit quand elle est accueillante, libre, fidèle, pauvre en moyens et riche en amour, missionnaire. Aujourd’hui, en nous portant au cœur de l’Évangile, le Christ nous exhorte aussi à renoncer aux habitudes et aux coutumes qui peuvent faire obstacle au service du règne de Dieu, à trouver notre orientation seulement dans l’éternelle et humble royauté de Jésus, et non dans l’adaptation aux royautés précaires et aux pouvoirs changeants de chaque époque.

Nous ne pouvons vivre sans nous tourner les uns vers les autres et notre grandeur n’est pas de faire ce qu’on appelle la charité. Elle vient de cette capacité de rencontre qui permet que la vie se développe, qui permet la rencontre de Dieu. Parfois nous répondons à l’appel des hommes et parfois nous refusons. Chaque fois que nous avons refusé de tendre la main, c’est à Dieu même que nous avons refusé de donner la main.  Mais attention ! Pour prendre possession du royaume, aller au ciel, recevoir le salut, il ne suffit pas de donner à manger à des affamés, de vêtir des gens qui n’ont rien, de visiter les malades. J’ai donné à manger à tant de personnes, j’ai fait ceci ou cela, je suis allé tant de fois à l’église, j’ai donné de mon temps au service de la paroisse, j’ai donné tant d’argent pour la mission, j’ai droit à la reconnaissance de Dieu. Les justes n’ont pas calculé, spéculé, ils n’ont pas agi en vue d’une récompense, d’un salaire promis ni par peur non plus, pour échapper au jugement, à l’enfer. Les justes dans le récit ne savent pas que ce qu’ils ont fait, ils l’ont fait pour Jésus, et pourtant ils l’ont fait et ils l’ont fait par amour. Ce que nous faisons en tant que chrétiens, est-ce que nous le faisons par amour, ou par autre chose ? Nous sommes tentés d’agir par calcul, ou par habitude, ou par tradition, ou par religiosité. Dieu aimerait que nous agissions par amour, pour lui et les autres. Agissons-nous par amour ? Cherchons-nous d’abord son royaume d’amour ?  C’est la base, la clé de la foi. Pour entrer dans le Royaume de Dieu il faut un amour qui se traduit gratuitement en actes, en gestes, en témoignage. Un amour visible, qui laisse sa trace, qu’on veut voir, reconnaître, apprécier. Un amour qui prend sans calcul pour le petit, le pauvre, l’exclu, l’humilié, l’esseulé, le malade, l’étranger.

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