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Missionnaires Clarétains France | 21 June 2018

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Sainte Famille

Sainte Famille
CMF France

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,22-40.
Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi : ‘Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.’
Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : ‘un couple de tourterelles ou deux petites colombes.’
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage,
demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Le temps de Noël, c’est le temps de l’accueil d’un Dieu qui a fait irruption parmi nous. Sa présence vient tout renouveler. Elle vient proposer une nouvelle façon de vivre notre grande solidarité familiale. Avec Jésus, nous passons de la famille où nous naissons par le sang dans la première lecture, à la famille spirituelle qui est offerte à tous dans la deuxième lecture.  Jésus vient nous rejoindre dans nos situations de vie pour faire de nous des enfants de Dieu. C’est pour cela qu’il est important de fêter Noël, c’est-à-dire de fêter la naissance de Jésus, comme si c’était la première fois. Nous ne devons pas laisser l’habitude amoindrir le sens de l’émerveillement devant cet événement.

L’Evangile d’aujourd’hui nous décrit donc la présentation de Jésus au Temple : Marie et Joseph, dans un geste d’entière confiance, viennent remettre leur fils entre les mains de Dieu. Ils se rappellent ainsi que, même s’ils ont la responsabilité de son éducation, l’enfant ne leur appartient pas, car il est un don de Dieu. C’est comme les parents qui font baptiser leurs enfants : ils les remettent entre les mains de Dieu. Tellement il est vrai qu’aimer quelqu’un ce n’est pas l’enfermer dans nos bras, mais le mettre debout et lui apprendre à marcher sans nous.

« Ce que l’Église peut apporter au monde aujourd’hui, c’est le modèle de la Sainte Famille. On y lit que le père n’est pas le père – puisqu’il est le père adoptif, il n’est pas le père naturel –, le fils n’est pas le fils – il n’est pas le fils naturel. Quant à la mère, forcément, on ne peut pas faire qu’elle ne soit pas la mère naturelle, mais on y ajoute quelque chose qui est décisif, c’est qu’elle est vierge. Par conséquent, la Sainte Famille est une famille qui rompt complètement avec toutes les généalogies antiques, en ce qu’elle est fondée sur l’adoption, c’est-à-dire sur le choix par amour.

Ce modèle est extraordinairement moderne. Il invente de nouvelles structures élémentaires de la parenté, basées sur la parole du Christ : « Aimez-vous les uns les autres ». Ce modèle de l’adoption traverse l’Évangile. Sur la croix, Jésus n’a pas hésité à dire à Marie, en parlant de Jean : « Mère, voici ton fils. » Il a de nouveau fabriqué une famille qui n’était pas naturelle. … Le modèle de la Sainte Famille permet de comprendre les évolutions modernes autour de la famille et de les bénir. Aujourd’hui, on dit souvent qu’un fossé se creuse entre l’Église et la société autour des questions familiales. Mais nous pouvons constater que ce fossé est déjà comblé depuis Jésus. C’est déjà écrit dans l’Évangile de Luc. »

Pour venir à nous, Dieu est passé par une famille. C’est le lieu où la personne apprend à aimer. Elle est aussi le lieu où nous faisons l’expérience de nos limites, de nos faiblesses et de nos pauvretés humaines. La Sainte Famille a été une famille en déplacement : de Nazareth à Bethléem, de Bethléem à Jérusalem, de Bethléem en Égypte, de l’Égypte à Nazareth. Les incertitudes du lendemain, les menaces à la sécurité, les conditions de vie modestes rejoignent d’une façon ou d’une autre les fragilités de la famille d’aujourd’hui qui est menacée dans sa recherche de bonheur et de vie.

L’intimité familiale de Marie et de Joseph a été le foyer où Jésus a appris qu’il y avait un Dieu d’amour, que ce Dieu était le Père de tendresse et de pitié, que le premier devoir de tout Israélite était de l’aimer de tout son cœur. Les premiers éducateurs de Jésus ont aussi été les proches et la communauté. Dieu est au centre de la vie de la famille de Jésus.  Dieu a la première place.  Tout ce que Jésus est devenu a trouvé ses racines dans ces premières années à Nazareth.  Il y a vécu une vie simple, laborieuse.  Il a été entouré d’amour et de respect par des parents qui ont accepté avec humilité les signes que Dieu leur a donnés.  Ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes à cet enfant qui était là, non pour eux-mêmes, mais pour Dieu et pour son peuple.

La famille est le lieu privilégié où nous apprenons le prix de l’amour véritable, le prix du don. Aimer, c’est concéder à l’autre la meilleure part, c’est risquer de s’investir pour l’autre. Jésus en a fait l’expérience. En Jésus, Dieu veut prendre soin de nous au-delà de tout ce que nous pouvons concevoir ou imaginer. Nous devons faire comme la Sainte Famille et l’accueillir dans nos vies, au risque de tout bouleverser.

Jésus vient frapper à la porte de notre cœur.  Voulons-nous lui donner un espace ?

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