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Missionnaires Clarétains France | 19 August 2018

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4 Dimanche Temps Ordinaire

4 Dimanche Temps Ordinaire
CMF France

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,21-28.
Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »
Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. »
L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »
Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

 Dans le livre du Deutéronome, Moïse annonce au peuple que Dieu va susciter un prophète, en réponse à la demande du peuple au mont Horeb. Ce prophète écoutera la voix de Dieu. Le prophète transmettra la voix de Dieu, il sera l’intermédiaire entre Dieu et les hommes. Il ne parlera pas pour soi-même, mais il dira la parole que Dieu mettra sur ses lèvres. Il y a donc dans ce texte un double avertissement : contre ceux qui ne veulent pas écouter les prophètes authentiques et contre les faux prophètes qui s’annoncent eux-mêmes ou qui disent des paroles qui ne viennent pas de Dieu.

En effet, après les 40 ans de marche dans le désert, le peuple est déjà installé à Canaan. Il y avait dans cette ambiance cananéenne beaucoup de pseudo-prophètes, c’est-à-dire des magiciens, des charlatans, des astrologues, des visionnaires, et toutes autres personnes qui passent le temps à faire croire au gens qu’elles peuvent leur dévoiler leur avenir. Ces faux prophètes avaient aussi un faux auditoire. Pour l’auteur du Deutéronome, le prophète n’est pas celui qui invente la vérité sur l’homme. C’est pourquoi il va donner des critères pour discerner le vrai prophète, et, le critère décisif et capital est que le prophète ne s’éloigne pas de Dieu ou qu’il porte à la connaissance de son auditoire de faux dieux.

Le prophète est celui qui porte à la connaissance du peuple la Parole de Dieu et demande à ce peuple de s’éloigner des pratiques magiques et astrologiques. Le vrai prophète doit donc accomplir la Parole de Dieu. Le prophète est le médiateur de la parole de Dieu au service du peuple. On voit que la responsabilité n’est pas seulement celle du prophète qui doit dire la Parole de Dieu, mais aussi celle de son auditoire qui doit pouvoir discerner ce qu’il dit si c’est en conformité avec les critères énumérés. Il y a donc là deux responsabilités : celle du prophète qui doit annoncer la parole de Dieu et celle du peuple qui reçoit cette Parole.

A la différence de ce qui ce passe dans la magie, l’astrologie et la vision, dans la prophétie c’est Dieu qui a l’initiative de la communication ; le prophète est son messager et les destinataires sont le terme de cette communication qui provoque la réponse de foi. Seul l’accomplissement de ce qui a été dit par le prophète prouve que sa parole vient réellement de Dieu.

Moïse fait donc allusion aux prophètes qui s’autoproclament comme tels, mais qui trompent le peuple, en lui faisant croire que le salut repose sur l’alliance avec l’Egypte ou avec Babylone. Le véritable prophète annonce et dénonce, avec le risque de ne pas être écouté. Il sera même exposé à la persécution, quand il avise que le véritable salut vient de la conversion du cœur.

Nous sommes inondés par les paroles de tout genre. C’est la biodiversité du bruit. Aujourd’hui, sommes-nous capables d’écouter la Parole du Seigneur ? Pour s’y faire, le Ps 94 nous dit de ne par fermer notre cœur comme au désert. On peut résister à Dieu et réfuser d’écouter sa parole. Mais, cette écoute n’est pas seulement extérieure. Parfois, il ne s’agit pas d’une mauvaise volonté de notre part. Sinon, il nous est souvent difficile de reconnaître la voix de Dieu au milieu de beaucoup d’autres voix qui résonne en nous. Parfois notre cœur est contaminé par les bruits stridents, qui sont des inclinations désordonnées qui conduisent au péché, la mentalité de ce monde qui s’oppose à la volonté de Dieu, les modes, les slogans publicitaires.

Il est très facile de confondre nos opinions, nos désirs avec la voix du Saint Esprit en nous et, combien il est facile de tomber dans les caprices et dans le subjectif. Nous devons apprendre à faire silence pour apprendre à écouter la voix de Dieu. Et nous devons aussi apprendre à nettoyer cette voix, la sécher, et la laisser qu’elle nous guide. C’est donc fort de cette expérience que nous pourrions aussi être des éclaireurs.

Si tels sont les critères pour discerner le vrai prophète, il faut donc que l’auditoire soit à mesure de discerner si Jésus est un vrai ou un faux prophète. L’Evangile que nous venons d’écouter nous présente Jésus comme le véritable prophète qui agit avec autorité au nom de Dieu en réalisant la mission. Jésus parle avec autorité parce qu’il confirme par les actes ce qu’il dit des lèvres.

Il faut faire la différence ici entre un épileptique et un possédé. La manifestation extérieure était la même dans les deux cas. Quand quelqu’un se trouvait dans l’une de ces deux situations, on le considérait comme un esprit du mal, c’est-à-dire comme un mauvais esprit, un impur, quelqu’un qui ne devait pas exister dans la société. On l’isolait de la société de à coup de poings et de tortures.

Aujourd’hui la question qui nous importe n’est pas celle de savoir s’il existait ou pas de mauvais esprit, mais d’observer le comportement de Jésus par rapport à ces gens malades. Jésus ne juge pas cet homme tourmenté par un esprit mauvais, il ne l’isole pas non plus. Mais il réalise l’œuvre de libération en faveur de cet homme. Cette libération est triple : spirituelle, physique et sociale. L’acte que pose Jésus en sa faveur fait que cet homme ne soit plus considéré comme un esprit mauvais, qu’il change de comportement et le réadmet dans la société. Tout cela nous fait dire que Jésus agit comme Dieu le Père qui veut le bien-être de l’homme. Il se présente alors comme le premier qui lutte contre tout ce qui opprime l’homme, qui l’éloigne du projet que Dieu veut pour ses enfants.

On voit donc que si Jésus agit au nom de Dieu comme le prophète annoncé dans la première lecture, il a aussi un vrai auditoire qui est capable de discerner les actes que Jésus pose. C’est donc dans cette mouvance de la radicalité évangélique pour lutter contre ce qui aliène l’homme et discerner ce qui ne vient pas de Dieu que saint Paul va dire que le combat pour la libération de l’homme au nom de Dieu a sa contrepartie, parfois, le sacrifice de sa propre famille, et, même de sa propre vie. Le célibat n’est qu’une exigence radicale, mais elle n’est pas le lieu par excellence de la sainteté, puisque ceux qui s’engagent au célibat nous viennent de l’union entre  l’homme et la femme.

Pierre ZANGA, CMF.

 

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