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Missionnaires Clarétains France | 16 November 2018

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6 Dimanche Temps Ordinaire

6 Dimanche Temps Ordinaire
CMF France

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,40-45.
En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »
À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié.
Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt
en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

La 1ere lecture fait référence à une loi concernant les lépreux. Elle est tirée du code appelé Lévitique; il a été composé surtout à l’intention des prêtres de la tribu de Lévi.  Ceux-ci  devaient examiner entre autres  les marques éventuelles de lèpre. La lèpre était une impureté, c’est-à-dire un mal qui exclut de la société et de la communauté  religieuse. Pour les juifs de l’époque, c’était clair : un lépreux est quelqu’un que Dieu punit pour un grave péché non avoué. C’est pourquoi le lépreux ne demande pas à Jésus de le guérir, mais de le  purifier. Jésus se soucie de restaurer la santé des corps, des cœurs et des esprits. Il rend à la vie toute sa valeur en permettant à quelqu’un de retrouver espoir et de se remettre en route.Quand Jésus touche le lépreux pour le guérir, il brise les barrières des lois humaines et sociales qui défendaient d’avoir un contact avec celui-ci. Au diable les tabous, quand il s’agit de secourir un malheureux! La compassion  pousse Jésus à l’action. Il touche un intouchable, un lépreux! Il ne faisait pas cela avec tous les malades qu’il guérissait. Ici, il le fait. C’est un signe. Il n’a pas peur de la lèpre et il est plus fort qu’elle. Il lui aurait suffi de parler pour guérir, mais il accompagne la parole d’un geste riche de sens. Ce lépreux avait autant besoin d’être touché que d’être guéri physiquement. Il était hors de la société, mais lorsque quelqu’un montre par le toucher qu’il l’apprécie, cela  affirme sa valeur.  Tout cela porte en soi la guérison.

 En agissant ainsi, Jésus est devenu lui-même un intouchable. Il ne lui était plus possible d’entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d’éviter les lieux habités.  Jésus n’avait nul besoin de toucher ce lépreux qui était venu à lui pour le guérir, mais s’il le fait c’est qu’il veut changer les choses. Sa transgression n’est pas dirigée contre la loi, mais contre ce que cette loi ou ses interprétations peuvent avoir d’aliénant. Le but de ce miracle, c’est de rendre possible la réintégration du lépreux à la communauté.  Jésus dit au lépreux : ne dit rien à personne, mais va te montrer au prêtre et offre pour ta purification ce que Moïse a prescrit, ils auront là un témoignage provocant. Il ne faut pas voir la guérison comme un but ultime, mais plutôt comme un appel à rendre témoignage. C’est le sens du silence demandé par Jésus au lépreux : ne te fige pas sur l’événement de ta guérison, poursuis ta route. Jésus n’est pas venu abolir la loi, mais l’accomplir. Il est venu souffler un vent de liberté sur nos habitudes qui emprisonnent.

 Les lépreux de nos sociétés sont ceux et celles qui vivent dans les bidons-villes à travers le monde, les sans-travail et les sans-abri, les ex-prisonniers qui ne peuvent reprendre leur place dans la société, les personnes âgées qui attendent la mort dans l’isolement et l’abandon, les vagues d’immigrants qui arrivent par milliers, etc. N’oublions pas tous les « lépreux » devant notre porte, tous ceux qui sont humiliés, méprisés, bafoués, maudits. Nous sommes appelés à faire tomber les barrières que dressent trop de gens, les fossés de dégoût, de répulsion, de mépris, de peur et d’agressivité qu’ils creusent si souvent. Tous, nous sommes invités à suivre l’exemple de Jésus pour apporter un peu de réconfort et d’espérance à ceux et celles qui sont malades, rejetés et isolés. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller dans l’aide que nous apportons aux personnes marginalisées ? Sommes- nous prêts à transgresser le « code de pureté » implicite de notre société selon lequel seules les personnes économiquement indépendantes et productives ont de la valeur ? Paul, comme Jésus, s’est attaqué aux préjugés et à l’exclusion. Dans l’épître aux Corinthiens, la question était de savoir si un chrétien peut consommer des viandes non dûment autorisées par un sacrifice. Paul explique qu’il est possible de consommer ces viandes puisque ces sacrifices ne signifient rien pour un chrétien. D’autre part, si le fait de les consommer signifie de s’associer au culte des idoles, alors n’en mangeons pas. Nous devons nous comporter en personnes libres, mais nous devons aussi limiter volontairement notre liberté par considération pour notre entourage pour éviter de les offenser. Paul, comme tous ceux qui marchent à la suite de Jésus, doit être le point de mire des chrétiens. Soyez mes imitateurs, comme moi-même je suis imitateur de Jésus-Christ. C’est l’apôtre Paul qui nous enseigne cela. Ce n’est pas chose facile, c’est un défi à relever, mais nous devons communiquer la Bonne Nouvelle. Jésus a enseigné par l’exemple : il a écouté, il a médité la parole de Dieu,  il a prié, il est passé à l’action. Paul a suivi ses traces, tout comme Pierre et bien d’autres témoins. Pour rendre témoignage de l’Évangile, nous devons aimer et aider comme Jésus. Nous devons prendre le temps et fournir l’effort nécessaire pour bien comprendre les besoins, les problèmes et les difficultés des gens qui viennent à nous dans leur désert. Nous devons avoir une relation avec les gens pour connaître leurs expériences. Nous devons passer du désert à la vie, rejoindre les gens là où ils vivent. Oublions nous aussi les tabous quand il s’agit de secourir un malheureux. Faisons tomber les barrières que parfois nous dressons enfermés dans nos peurs.

 Nous aussi nous sommes des lépreux à nos heures avec nos fragilités. Avec ce qui nous défigure et nous ronge de l’intérieur, avec tout ce qui nous empêche d’être un membre à part entière de la communauté humaine et d’offrir ce que nous avons d’unique. Tous, nous avons besoin de la tendresse de Dieu. Nous sommes peut-être moins mobilisés que nous le devrions, une lèpre nous afflige peut-être.  Dans le lépreux, il y a un peu de chacun de nous. Laissons agir la foi qui nous amène à nous tourner vers Dieu et à dire : « Si tu veux, tu peux me guérir ». Et pourquoi ne pas étendre la main aujourd’hui vers celui qui souffre? Laissons l’amour en nous être le plus fort, en découvrant que « tout homme est un frère, que toute femme est une sœur.»

Quelle maladie intérieure ronge en nous et la santé et la sainteté ? Qu’attendons-nous de Jésus? De quelle lèpre désirons-nous être purifiés ?

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