Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

Missionnaires Clarétains France | 19 September 2018

Scroll to top

Top

No Comments

5ème Dimanche de Carême

5ème Dimanche de Carême
CMF France

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 12,20-33.
En ce temps-là, il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque.
Ils abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. »
Philippe va le dire à André, et tous deux vont le dire à Jésus.
Alors Jésus leur déclare : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié.
Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle.
Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »
Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? – Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci !
Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. »
En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé. »
Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous.
Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ;
et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. »
Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

Nous sommes en marche vers Pâques depuis cinq semaines, et les tensions peuvent être visibles. Les résolutions pour un Carême « bien vécu », si généreusement faites le Mercredi des Cendres, sont souvent oubliées du fait que ce temps de Carême dure 40 jours. Pour le peuple juif, il y avait trois pèlerinages annuels obligatoires.  Ces «ascensions» ont été marquées par des éclats de joie alors que les pèlerins approchaient de leur but, le grand temple de Jérusalem. « Je me suis réjoui quand ils m’ont dit: Nous allons à la maison de Dieu! » Nous sommes à une semaine de la Semaine Sainte et de la célébration de l’amour de Dieu pour nous dans sa passion, sa mort et sa résurrection. Je voudrais attirer votre attention sur les trois dimensions indispensables  de ce pèlerinage du carême qui se dévoile dans les lectures d’aujourd’hui.

  1. Connaître Dieu nous transforme

Les lectures d’aujourd’hui portent sur la transformation. Celle ci vient par la connaissance de Dieu. Je ne veux pas seulement dire « connaître Dieu », ce que beaucoup d’entre nous peuvent dire. Nous savons quelque chose à propos de Dieu, par la Bible,  par des cours de catéchisme, et par l’enseignement chrétien. Mais je parle de « connaître Dieu », le genre de savoir que Jérémie parle  dans la première lecture avec ses mots: « C’est l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël … Je mettrai ma loi au profond d’eux mêmes, je l’inscrirai sur leur cœur, et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple … car tous me connaîtront… »  Ne vous y trompez pas ; la signification biblique de « savoir » n’est pas simplement une activité intellectuelle, un exercice cognitif qui aboutit à « savoir ». C’est un engagement total du cœur, de soi même. Connaître Dieu donc nous prend tout, nous transformant de haut en bas et de bas en haut. Comme Jésus l’affirme dans l’Évangile d’aujourd’hui, connaître Dieu signifie souvent une transformation en perdant. Connaître Dieu signifie à chaque fois vivre avec la conscience que la perte est le chemin de la vie nouvelle. Les graines qui tombent dans le sol, se lèvent à nouveau. Une affirmation centrale de la foi chrétienne a toujours été celle de sa vie, de sa mort et de sa résurrection.  Jésus nous a enseigné tout ce que nous devons savoir sur Dieu. Mais il a enseigné quelque chose d’encore plus surprenant … il a enseigné que connaître Dieu comme il l’a fait, dans chaque cellule de son corps, c’est aussi une option pour nous tous. Chacun de nous a la capacité de connaître intimement Dieu comme l’a fait Jésus. Et cette intimité est une chose incroyable et transformant. « À moins qu’un grain de blé tombe sur le sol et meurt, il reste un seul grain, mais s’il meurt, il donne une riche récolte. » Le grain, bien sûr, ne meurt pas réellement mais il est totalement transformé en quelque chose de complètement nouveau: racines, feuilles et fruits. De même façon, la chenille en se transformant devient quelque chose de tout à fait différent et souvent beaucoup plus beau – un papillon.

  1. Voir Jésus

Voir Jésus, ce n’est pas seulement le regarder, ce que voulaient vraisemblablement ces Grecs. (Cela ressemble à la curiosité du collecteur d’impôts Zachée qui grimpa sur un sycomore  pour mieux voir Jésus qui devait passer par là.) Voir Jésus, c’est entrer totalement dans sa façon de penser, comprendre pourquoi il devait souffrir et mourir et ressusciter. Comme le grain de blé, Jésus doit lâcher tout, y compris sa propre vie, afin de donner vie à lui même et à beaucoup d’autres. Dans ce processus, lui et nous seront transformés. Si nous ne pouvons pas voir cela comme le noyau de la vie de Jésus,  alors nous n’avons rien vu !  Mais Jésus va plus loin et dit que nous devons avoir la même façon de penser. « Car quiconque voudra sauver sa vie la perdra; et quiconque perdra sa propre vie pour l’amour de moi et de l’Évangile la sauvera »  (Marc 8:35). Si nous voulons être proches de Jésus, nous devons marcher sur son chemin. «Si quelqu’un me sert, qu’il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera  » (Jean 12 :26).  Jésus promet de s’identifier à ceux qui le suivent à travers les jours de sa passion. Facile? Certainement pas. En public, le Seigneur parle de son angoisse personnelle comme «troublante» et craintive. Cela signifie marcher avec Jésus et avec Marie jusqu’au Calvaire, où que nous soyons. Nous, ses disciples, ne sommes pas exempts de cette même angoisse et de cette crainte, mais la puissance de la constance du Seigneur et l’obéissance volontaire et déterminée ont été récompensées par la résurrection. Et c’est par sa glorieuse résurrection que nous avons été libérés. Comme on dit, Qualis rex,  talis grex à savoir « le destin du leader est le destin du suiveur ».

  1. Prêt à mourir à soi même et laisser Dieu entrer

Avons-nous peur de mourir à nous-mêmes? Sommes-nous prêts pour cela? Jésus ne nous demande-t-il pas trop? N’ayons aucun doute, Jésus lui-même avait peur, profondément effrayé. «Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je?… Père, délivre-moi de cette heure?» (Jean 12:27). La Lettre aux Hébreux de la deuxième lecture que nous venons d’attendre le présente sous forme graphique: «Le Christ pendant  les jours de sa vie dans la chair, ayant offert avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort… » Cela n’est pas venu plus facilement à Jésus qu’à nous. Mais, après sa prière, quand il transpire du sang dans la peur et le tremblement, il était capable de dire, OUI. « Bien qu’il fût Fils, il a appris à obéir par la souffrance » et, par conséquent, « il est devenu pour tous ceux qui se soumettent à lui la source de la vie et du salut ». Comme le dit Jésus lui-même à la fin de l’évangile d’aujourd’hui: «Quand j’aurais été élevé de terre, j’attirerai à moi-tous les hommes». « Élevé » se réfère à la fois à la croix et à la gloire du Père où nous sommes invités à suivre étant disciples du Christ. Alors, apprenons aujourd’hui à connaître Jésus, le Jésus de l’Évangile, le Jésus qui meure pour nous et qui nous invite à marcher avec lui pour être transformé.

Prions chers frères et sœurs pour que la vie, le bonheur et l’épanouissement que nous désirons soient modelés par l’Évangile et que nous puissions  avoir  le courage  et la confiance en notre Père céleste  afin de mourir à nous-mêmes pour  vivre en Dieu. Que le seigneur qui, par  sa vie, a illustré la profondeur de la mort comme le grain de blé, nous aide à mourir à nous-mêmes en ce carême pour vivre de plus en plus avec lui.

Jis Joseph Pettayil,CMF

Submit a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.