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Missionnaires Clarétains France | 21 October 2018

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15 Dimanche Temps Ordinaire

15 Dimanche Temps Ordinaire
CMF France

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,7-13.

En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,
et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ.
Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir.
Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.

“Tu n’as rien oublié ? As-tu pris tout ce qu’il te faut ?” Questions qui fusent avant un départ. Vérification du contenu du portefeuille. Tout est prévu. C’est Parfait ! Et vous partez. Les consignes que Jésus donne ? Tout le contraire : ne prenez rien de ce qui peut freiner votre marche. Rien, sauf un bâton. Pas de sac, pas d’argent, même pas de pain. Une tunique, une seule, et des sandales. Ce qui compte c’est l’esprit. Et la disponibilité intérieure qui permet de rencontrer les autres en vérité et en liberté. Et de témoigner du Dieu gratuit, du Dieu qui s’offre, qui ne s’impose pas, ne se possède pas, ne se mérite pas. Il est tout simplement un don.

Contrairement à ce que tout le monde croit notre Dieu n’est ni riche ni tout-puissant. Il est pauvre parce qu’il n’est qu’amour, regard vers l’autre. Il ne faut pas confondre cette pauvreté avec de la faiblesse. Car il faut être très fort pour se faire tout impuissant, pour ne répondre à la force que par de l’amour. Dieu dont l’amour est tout puissant. Inviter à accueillir ce Dieu est impossible si l’on prétend sortir de son sac des arguments, ou des preuves comme on disait autrefois. Il faut avoir les mains vides pour que Dieu se révèle. Il faut avoir le sac vide pour qu’il soit rempli de Dieu. Il vaut mieux se dépouiller de tout le reste.

Mais il ne suffit pas d’être pauvre et d’aller aux hommes les mains nues pour que la parole de Dieu leur parle. La pauvreté des moyens ne suffit pas, mais elle peut aider. La Bible nous invite même à penser que, d’une manière ou d’une autre, cette pauvreté des moyens est le moyen privilégié. Et qui sont ceux que Jésus a choisis ? Des élites, des intellectuels, des saints ? Pas vraiment. Pierre est attachant mais naïf, faible et lâche. Jean est surnommé le fils du tonnerre, avec son  tempérament violent. Judas est capable de trahir. Matthieu est arraché par Jésus à la compagnie des comptables malhonnêtes quand il est appelé à son comptoir de publicain. Des autres on ne sait pratiquement rien. Ils sont de ceux dont on ne parle pas.

Ceux que Jésus choisit et envoie sont des gens ordinaires. Ne disons pas : “Je ne suis pas capable, je ne sais pas parler, je ne suis qu’une maman, je ne suis qu’un paroissien.” Tous nous sommes appelés. D’ailleurs, pour être rempli de la force d’aimer de Dieu, il faut être envoyé. Le prophète Amos n’a pas choisi sa mission. C’est Dieu qui l’a appelé : “Le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : « Va, tu seras prophète pour mon peuple… »” On ne se présente pas soi-même : on est envoyés. Voilà la racine de notre liberté. Qui pourrait prétendre être une lumière pour les autres dans leurs ténèbres ? Seul Dieu éclaire : nous sommes envoyés aux autres pour qu’ils perçoivent en nous cette lumière qui ne peut que nous être donnée.

Et Jésus veut cette mission modeste ! “N’emportez ni or, ni argent ; partez sans bagages, deux par deux.” La mission n’est ni puissance, ni prestige. Jésus demande à ses envoyés de s’adapter aux situations. Il sait que ses disciples n’auront pas toujours le travail facile. Il ne faut jamais forcer, surtout pas ceux qui semblent ne rien vouloir entendre de Dieu. Lorsque la violence, agressive ou défensive, baisse la garde ; lorsque tombent les masques du paraître et du prestige social, alors la parole de Dieu, la parole de vie, la parole de réconciliation peut toucher les cœurs ; alors l’humanité peut devenir plus humaine. Nous le savons d’expérience : c’est lorsque nous avons accepté d’être vulnérable en face de l’autre que nous avons progressé ensemble dans la vérité et dans la joie d’être humains.

Frères et sœurs, à la fin de chaque messe, nous sommes tous envoyés à la rencontre du monde …sans crainte et dans la simplicité. C’est le témoignage de Jésus lui-même : « Il s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté » (2 Co 8, 9).

Alors, n’ayons pas peur de nos faiblesses, nos défauts. C’est par là que Dieu peut nous toucher, et qu’il peut en toucher d’autres à travers nous. Il ne s’agit pas de transmettre la foi mais de la montrer par notre manière de vivre. Ce n’est pas ce que nous disons qui fera croire en Dieu mais ce que nous vivons.

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