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Missionnaires Clarétains France | 16 November 2018

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Assomption 2018

Assomption 2018
CMF France

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,39-56.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Dans notre monde d’aujourd’hui, inquiet, injuste, souvent violent, comment se laisser emporter dans cette jubilation du Magnificat ? Mais au fait, le monde dans lequel la jeune Marie chantait sa joie d’être bientôt maman, sa Galilée natale n’était pas en paix, les puissants opprimaient les petits, les riches prospéraient à côté des pauvres. Pas vraiment de quoi chanter un magnificat. Mais voilà ! Marie sentait bouger en elle un enfant, l’enfant de l’avenir. C’est lui qui proclamerait un jour : “Heureux les pauvres, les doux, les affamés.”  C’est lui qui allait déranger les orgueilleux et les riches. C’est lui qui allait révéler la richesse des pauvres et offrir aux foules démunies un pain de vie inconnu. Marie portait en elle cet avenir ardent.

Très actuel, ce Magnificat, ce chant de marche obstinée des humbles. C’est bien un chant de louange à Dieu, mais c’est aussi un langage dur qui appelle par leur nom les malheurs du monde. Et c’est un chant de protestation porteur d’espoir parce que nous croyons que Dieu ne nous enlèvera jamais la force de continuer d’aimer. « Comment est-ce possible ! » Un cri que Marie a dû prononcer souvent. Mais elle était heureuse que Dieu se soit penché sur elle, comme pour lui dire : “Tu es celle que j’ai créée !” Lorsque vous réalisez que Dieu vous a choisi, ça vous donne déjà la force de continuer d’aimer !

À travers les siècles, on a souvent vénéré Marie, au risque d’oublier son message. Si Marie prononce son Magnificat, ce n’est pas pour qu’on le traduise en louange à son égard. Marie nous invite à célébrer avec elle les merveilles de Dieu accomplies en faveur de ceux qui espèrent le salut du monde et qui luttent pour ça. Elle dit sa joie à cause de Dieu qui choisit les petits et disperse les orgueilleux, qui renvoie les puissants et élève les humbles, qui comble les affamés et renvoie les riches les mains vides. Elle dit que, lorsque Dieu vient, ce n’est pas à côté de l’existence des hommes. Quand il s’approche, toutes les cloisons des sociétés s’écroulent. Une vie autre commence.

Pourquoi donc fêter aujourd’hui Marie et son Magnificat ? Prendre le temps aujourd’hui de nous rappeler le meilleur de Marie, elle qui portait en elle l’Espérance du monde. Occasion de nous demander : De qui je porte l’espérance ? Marie a tellement accueilli la Parole que la Parole a pris chair en elle.

Marie vient de découvrir qu’elle est enceinte, et au lieu d’entrer dans ce temps de l’attente par le repos, son premier réflexe est de se mettre en route. La naissance de Jésus ne représente pas un terme pour Marie mais un commencement, une mise en route. Marie n’a qu’une hâte, c’est de partir chez sa cousine Élisabeth. La véritable joie d’une visite, la valeur d’une rencontre, c’est de croire en celui qu’on va voir. Croire que l’autre mérite attention et respect, qu’il porte en lui des possibilités infinies, croire que rien n’est impossible à Dieu.

Dans le regard et le cœur de Marie, quand elle accomplissait ses tâches quotidiennes, quand elle vibrait d’indignation devant les orgueilleux et les puissants, quand elle appelait la dignité pour les humbles et le pain pour les pauvres, Dieu était déjà en train de naître.

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