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Missionnaires Clarétains France | 18 March 2019

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1 Dimanche Carême

1 Dimanche Carême
CMF France

(Lc 4,1-13): Jésus, rempli de l’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain; il fut conduit par l’Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l’épreuve par le démon. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim. Le démon lui dit alors: «Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain». Jésus répondit: «Il est écrit: ‘Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre’».

Le démon l’emmena alors plus haut, et lui fit voir d’un seul regard tous les royaumes de la terre. Il lui dit: «Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m’appartient et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela». Jésus lui répondit: «Il est écrit: ‘Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c’est lui seul que tu adoreras’».

Puis le démon le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit: «Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit: ‘Il donnera pour toi à ses anges l’ordre de te garder’; et encore: ‘Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre’». Jésus répondit: «Il est dit: ‘Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu’». Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le démon s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

Avec la venue du carême, nous faisons un changement dramatique dans l’année de l’Église. Le carême est un moment pour revenir aux bases de la foi. Dans l’Église primitive, c’était le moment d’instruire la foi des nouveaux convertis avant leur baptême à Pâques. Le texte évangélique parle de qui est Jésus et il aborde directement certaines choses nous concernant. Il nous rappelle que notre capacité à nous repentir et à résister à la tentation provient de notre relation avec Dieu et de sa bonté envers nous plutôt que de notre force et de notre initiative.
 
Le récit contient trois moments de mise à l’épreuve, tous liés à l’identité de Jésus en tant que Fils de Dieu. La signification des mots «Tu es mon Fils» adressés à Jésus lors de son baptême est en cause. Les trois tentations sont en lien avec le pouvoir terrestre et la gloire. L’histoire se déroule dans deux lieux importants : le désert et Jérusalem.  Le désert rappelle les épreuves qui y ont été subies par le peuple d’Israël ; c’est le propos de la 1ere lecture. Au temps de Jésus, le Temple de Jérusalem avait été rénové et agrandi par Hérode le Grand et constituait le centre de culte du peuple juif. Ce lieu de pouvoir et de culte est le cadre de la tentation finale de Jésus. Jésus est aux prises avec des désirs bien humains qui ne sont ni bons, ni mauvais en soi ; ils habitent notre cœur humain.  Les trois tentations ont un point commun : être un messie au pouvoir sans égal sur la terre, régner sur les royaumes du monde et démontrer son invincibilité, car Dieu le protégera de tous les dangers. Dans chaque cas, Jésus répond en citant le Deutéronome.   Israël n’a pas toujours été fidèle à Dieu au désert, Jésus au contraire est resté fidèle à sa vocation de Fils de Dieu.  Son ministère est toujours centré sur les autres, jamais sur lui-même. Jésus n’utilise pas sa puissance pour lui, car Dieu veut une autre relation avec l’humanité. Il pourrait intervenir à tout venant, arrêter une guerre, faire tomber à manger sur un pays qui a faim… mais que resterait-il de l’humain dans ce cas-là ? Il ne serait qu’une marionnette dans les mains d’un grand marionnettiste. Dieu nous a laissés libres de gérer le monde qu’il nous a donné, il nous en a laissés responsables. Jésus, n’utilise jamais sa puissance pour lui-même, même quand sa propre vie est en jeu, et Dieu continue à nous faire confiance.
 
Le Royaume de Jésus ne concerne pas le gouvernement politique d’Israël, mais plutôt la récupération par Dieu du monde déchu. Ainsi, alors qu’Adam et Ève ont succombé à la tentation en entraînant une déchéance, la résistance de Jésus à la tentation est le début du rétablissement de la dignité de la vie. La mission de Jésus consiste à sauver les autres, pas à affirmer son pouvoir sur le monde. Sans la tentation au désert, Jésus, n’aurait pas assumé toute notre condition humaine. Jésus, humain comme nous, nous offre à contempler la beauté de notre liberté : celle de choisir de demeurer à l’image et ressemblance de Dieu. Jésus nous fait contempler ce qu’est être des lucides sur nous-mêmes. Il nous fait contempler que nous pouvons refuser de nous faire du mal, de nous faire mal en centrant tout sur nos  «moi».  Il n’y a pas de pilule magique contre la tentation. Pour avancer, il faut se lever. Pour vaincre la tentation, il faut prier, jeûner et pratiquer la charité. Nous ne sommes pas seuls dans les tentations, face au mal ou à la mort. Nous sommes avec Jésus qui les a vécues pour nous, qui a combattu pour nous, qui est mort pour nous. Le carême c’est consentir à être ce que nous sommes, accepter de vivre avec nos contemporains, nos voisins dans une solidarité susceptible de bouleverser notre superflu. En tant que chrétiens, nous sommes appelés à poursuivre la proclamation et l’application du royaume de Dieu. Nous pouvons être tentés d’abandonner la tâche que Dieu nous a confiée pour l’épanouissement personnel, le pouvoir et le spectacle.  Nous avons deux manières de vivre nos vies : celle de vivre sans limites une vie délivrée de tout manque, ou bien la vie que Jésus nous offre à voir qui consiste à assumer nos limites en les remettant avec confiance entre les mains de Dieu. Au désert, Jésus assume pleinement les limites humaines pour en faire un chemin, une victoire sur ce qui n’est pas humain. Le carême est l’occasion de nous recentrer, de poser de nouveaux choix et de choisir nos priorités.  Face à ces nombreux choix tout au long de notre vie, Jésus nous propose de les trier grâce à l’amour.  La parole de Dieu qui nous aide est toute proche ; elle n’est pas hors d’atteinte ; elle n’est pas dans le ciel ni au-delà des mers ; elle est proche, signifiante, actuelle.
 
La véritable épreuve et la véritable tentation consistent à remplacer Dieu par autres choses que lui. À s’agenouiller devant tout, à désirer tout, sauf Dieu. La voix du Père adressée à Jésus au sortir de son baptême «tu es mon Fils bien-aimé», s’adresse aussi à nous. Si cela ne change rien dans nos vies, si cela ne nous transfigure pas, nous ne sommes pas de vrais croyants. Mais si croyons avec nos coeurs, comme écrit Paul aux Romains, alors s’ouvrira pour nous un chemin qui ressuscite nos vies. Un chemin de bonheur. Jésus nous offre cette liberté de choisir de nous guérir de la fascination de nos idoles, celle du pouvoir, de la gloire, du prestige.  Contrairement à Jésus, nous échouerons sans doute parfois. Nous sommes invités à suivre Jésus sur un chemin de conversion, sous la conduite d’un Dieu patient, plein de miséricorde et toujours prêt à nous remettre en marche lorsque nous tombons ou lorsque nous arrêtons d’avancer. C’est tout le message de Jésus. Le carême est le moment de réorienter nos pas sur le chemin de Jésus, de croire dans son cœur de croire par le cœur. Il ne s’agit pas seulement d’adhérer à des vérités. C’est faire confiance. C’est choisir de faire confiance à l’Esprit de Dieu qui nous habite. Faire des choix qui révèlent la vie, c’est cela le chemin vers le Royaume de Dieu, le chemin vers le bonheur et vers l’amour.
 
Le carême, c’est comme une invitation de Jésus à lui faire confiance et à prendre le chemin qu’il nous a tracé. Un chemin étroit, peut-être, mais le seul chemin qui nous conduise sûrement à la résurrection. Jésus nous ouvre un chemin nouveau, un chemin où nous pouvons accepter nos limites et en faire quelque chose de positif. Un chemin où nous pouvons prendre le temps de grandir et de croître. Un chemin qui devient un espace de rencontres. Un chemin où nous renonçons à une fausse immortalité pour accepter aussi que nous devons mourir un jour, tout en faisant confiance que cette mort est un passage en Dieu.
 
Le carême est une invitation à vivre dans l’aujourd’hui de Dieu.  Le plus grand défi est là : dans l’ouverture de notre cœur, dans le temps que nous donnons à Dieu.
 
Le carême nous rappelle que c’est l’heure des choix.
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