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Aucune autre date du calendrier ne mobilise autant de monde et si profondément que Noël. Aucune ne fait remonter dans les cœurs des homes et dans les relations entre eux, des courants si larges de paix et de fraternité, laissant taire, ne fut-ce que pour un moment, ambitions, égoïsmes, rancunes et exclusions.
Mais aucune fête n’est aussi méconnue dans ses origines, dans son contenu et dans sa signification pour la plupart de ceux qui la célèbrent, même pour beaucoup de chrétiens. Comme au temps du recensement qui amena Marie et Joseph à Bethlehem, la naissance de Jésus passe inaperçue entre le choix des cadeaux, les illuminations, l’organisation de repas et les symboles qui rappellent la fête, le père Noël et le sapin.
Car Noël est la fête la plus préparée à l’avance. Seulement il faudrait nous demander si nous nous préparons à cette célébration singulière. Car justement pour rejoindre l’origine de la fête et la source de cette humanité qui se réveille en nous il faut se préparer, car il s’agit d’un avènement et non seulement d’un événement du passé qui nous est occasion de réjouissances. Un avènement engage l’histoire. L’histoire n’est plus comme auparavant, même si on n’en a pas conscience.
Nous préparer c’est agir en sorte que nous en prenons conscience de cet avènement. L’Église nous y invite par ce parcours de quatre semaines que nous appelons justement l’avent, un raccourci d’avènement.
L’Évangile, qui reprend les textes de Luc de la dernière semaine de l’année liturgique, nous invite à ne pas rester aux petits moments de joie que nous pouvons nous aménager, mais à savoir relever la tête même au milieu de difficultés, à rester alerte et à prier pour pouvoir paraître débout lors de l’avènement, prêts à l’accueillir et à nous y engager avec tout ce qu’il a de meilleur en nous et à faire de nouveaux progrès comme le demandait saint Paul aux Thessaloniciens.
Car Noël est l’accomplissement des promesses de Dieu qui dans la naissance de Jésus nous donne accès au bonheur, ouvre la route de la paix aux hommes de bonne volonté et nous associe en son Fils à sa propre gloire, mieux il fait de nous sa gloire comme le dira saint Irénée. À Noël nous avons accès à la source de l’humanité de Dieu qui nourrit sans cesse la nôtre.
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