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Joyeux Noël PDF Imprimer Envoyer
Écrit par CMF France   
Jeudi, 24 Décembre 2009 07:49

noel_cmf

 

Pour se manifester aux hommes
Dieu prit dans le Sinaï la voix du tonnerre.
Plus tard, devant Élie,
il délaissa la voix du tremblement de terre
de la tempête et du feu
et il s’est dit dans un murmure ténu.

A Bethléem c’est dans le silence d’un enfant
qu’il dit sa parole de gloire et de paix
aux hommes qu’il a toujours aimés ;
une Parole de Père
toute accomplie à jamais dans le FILS.

Ce qui me fascine, Seigneur,
dans ta naissance à Bethléem,
c’est ton silence,
ton incapacité d’articuler nos simples mots ;
TOI, LA PAROLE SUBSTANTIELLE DU PÈRE !

Tu n’es qu’un nouveau-né plein de vie,
avec plein de choses à nous dire,
qui ne dispose pas encore du réseau,
si subtil, si riche et si complexe, du langage des hommes,

TOI, la PAROLE qui déborde tous nos mots,
sur laquelle cette succession des instants qu’est le temps,
ne peut avoir de prise
comme sur les flots de nos paroles que le vent emporte.
TU ES CELUI QUI ETAIT, QUI EST ET QUI VIENT !
LE MÊME HIER, AUJOURD’HUI ET POUR TOUJOURS !

Tu n’es qu’un petit être fragile,
un enfant qui ne peut mesurer l’espace ni l’arpenter sinon porté
livré déjà à nos limites et à nos puissances de mort
TOI, le VERBE qui échappe à toute mesure
dont nos ténèbres ne peuvent arrêter la lumière,
que rien ne peut contenir ni limiter.
TU ES CELUI qui contient et déploie l’univers
EN QUI tout prend consistance, sens et harmonie.
EN TOI TOUTE CHOSE EST VIE.

Ce qui me fascine à Noël
c’est que dans le silence du Verbe de Dieu résonnent tous les langages
qui tissent l’aventure de l’homme et son histoire depuis Babel :
les anges et leurs cantiques, les bergers et leurs mots naïfs,
les mages et leurs discours de sagesse,
Marie surtout et son regard si intérieur et si accueillant,
et Joseph et sa tendresse émue.
Aucune voix n’y est exclue sauf
celle que l’ambition, la haine ou la suffisance gonflent pour extorquer une place.

Ton silence élargit l’espace de la parole
à la mesure de l’immense foule qui en est privée
par les beaux parleurs qui l’accaparent
ou par les décideurs qui la lui volent
pour parler en son nom et décider à sa place.

Ton silence accueille nos mots,
même malhabiles et insignifiants
comme les deux sous de la veuve,
dans l’espace sans mesure de la Parole de Dieu.
Et ces deux sous, ces mots de rien du tout, sont d’une grande valeur pour TOI.

Noël est devenu patrimoine de l’humanité
où rien d’humain n’est rejeté ni négligé,
pas même la mort ou l’humiliation,
ni le balbutiement de joie aux bonheurs élémentaires,
ni les gestes de fraternité gauchis ou conventionnels,
ni les cris où la vie ouvre ses blessures.
Seules la voix des marchands de bonheur
et la voix des marchants du temple
ne pourront jamais franchir cet espace magique de la Crèche
où le Verbe de Dieu se fait écoute et silence.

Quel est donc le merveilleux mystère de ce silence
et de ces voix qui viennent s’y nicher sans l’interrompre
pour en repartir avec une résonance de joie indicible
et un éclat de lumière
transfigurant la morne routine des jours sans horizons
et l’opacité des nuits sans fin ?

Peut-être était-ce, ce silence, le temps nécessaire à Dieu
pour apprendre à déchiffrer la confusion de nos langages,
pour nous apprendre un langage d’humanité
antérieur à tous nos discours et à toutes nos grammaires,
un langage d’avant le temps et au-delà le temps,
pour que les aspirations les plus folles de l’homme
puissent enfin s’exprimer au-delà même de nos attentes.

Plus tard, quand le VERBE de Dieu rompra son silence
et que nous l’entendrons sur nos paroles de chaque jour,
nous dirons émerveillés : « Personne n’a parlé comme cet homme »,
car ceux qui n’ont droit à la parole s’y reconnaîtront
et nous comprendrons qu’eux aussi, comme Zachée ou la femme courbée,
sont des fils et des filles de Dieu.

Mais eux, ils le savaient déjà,
qui étaient accueillis dans le silence de Dieu,
tout prêts à renaître pour accueillir la Parole du Père,
et alors ce sera à TOI, le seul qui a vu Dieu,
de nous y introduire
car tu étais dans son sein depuis toujours,
de t’émerveiller à ton tour en voyant le Père se révéler ainsi aux petits,
aux moins que rien que les savants et les puissants
maintiennent à distance de la Parole, de la connaissance et de la gloire !

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