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La question fondamentale

20 juin 2010

En parlant de la vision de Jésus comme « Le Messie » nous devons distinguer soigneusement deux perspectives possibles :

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« Le Seigneur est tendresse et pitié, sa bonté est pour tous»

Cinquième dimanche de pâques, nous expérimentons la miséricorde et la bonté de Dieu.

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THOMAS, L’ENTÊTÉ DU CHRIST

10 avril 2010

C’est surtout son refus de croire ses condisciples sur l’apparition du Ressuscité qui l’a rendu célèbre.

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THOMAS, L’ENTÊTÉ DU CHRIST PDF Imprimer Envoyer
Écrit par CMF France   
Samedi, 10 Avril 2010 20:36

6a00d8341bffb053ef00e55470c9948834-500wiÉvangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-31.

C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. » Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le

Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. » Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.

 


C’est surtout son refus de croire ses condisciples sur l’apparition du Ressuscité qui l’a rendu célèbre. Dans la mémoire collective de l’Église, c’est ce qu’on semble avoir retenu de lui. Il a même trouvé une place dans le mémoire culturelle occidentale, faisant de Thomas le prototype de ceux qui ne croient que ce qu’ils voient, de ceux qui n’acceptent d’autres expériences que les leurs.

Pour bien situer l’attitude de Thomas, il faudrait prendre en considération deux points consignés aussi dans les Évangiles.

D’abord, Thomas n’est pas le seul à ne pas croire le témoignage de ceux qui ont vu Jésus ressuscité. Dans la deuxième conclusion de Marc Jésus, reproche aux Onze « leur incrédulité et leur endurcissement parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité. »

Il faudrait ensuite replacer la réaction de Thomas dans sa manière d’être et de se comporter, telle qu’elle apparaît dans deux autres épisodes rapportés par le quatrième Évangile. Lorsque Jésus annonce sa volonté de rejoindre la famille endeuillée de ses amis de Béthanie, devant les crainte de ses condisciples et la détermination de Jésus à courir  le danger, c’est Thomas qui les encourage  hardiment: « Allons, nous aussi, et nous mourrons avec lui » (Jn 11,16). Dans le discours de la dernière Cène, lorsque Jésus annonce son départ en leur disant que’ ils ne peuvent les suivre pour l’instant mais qu’ils connaissent le chemin, Thomas intervient à nouveau avec simplicité et sans détour. Son intervention nous a valu une réponse sur le sens et l’objet de la présence et de la mission de Jésus : « Seigneur, nous ne savons pas même où tu vas, comment saurions-nous le chemin ? » -« Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n’est par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Dès à présent vous le connaissez et vous l’avez vu » (Jn 14,5-7).

Avec ces repères nous sommes à même de ne pas réduire Thomas à son entêtement. La deuxième apparition, tout exprès, dirait-on, pour Thomas, nous invite à une lecture plus profonde de la foi dans la résurrection du Seigneur.

Elle ne signifie nullement un manque d’attachement à Jésus, moins encore le refus de la résurrection. Ce n’est que le tempérament de Thomas qui le porte à bien déterminer les questions, à bien situer la réalité et à y bien se situer. Mais cette attitude de Thomas nous a valu plus qu’une preuve supplémentaire et précieuse sur la réalité de la résurrection du Seigneur, comme le souligne saint Grégoire le Grand. Elle nous éclaire sur la foi qui, seule, peut nous ouvrir à la rencontre du Ressuscité.

Cette rencontre, si nous pouvons la désirer, nous ne pouvons pas la provoquer. Elle revient toujours à l’action du Seigneur. Mais en même temps, il nous rejoint où que nous soyons. On peut bien le chercher dans le tombeau, ou se trouver sur la route le dos à Jérusalem avec comme seule réalité la déception et la nostalgie, ou encore être saisi par la peur et la crainte de se tromper, dans les occupations de la vie, ou bien dans cet état d’esprit refusant de croire par  procuration. La bienveillance de Dieu, l’amour du Christ et sa fidélité  vont rejoindre chacun dans sa vie au moment où on ne l’entend pas. Cette admirable condescendance du Seigneur à notre égard dépasse nos limites et assume nos faiblesses. Combien nous comprenons bien alors la réaction de Thomas plein de reconnaissance. Le Seigneur ne l’a pas laissé à ses exigences. Il l’en libéré. « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Pas toutefois sans nous montrer en même temps qu’à Thomas, la route de la foi où il peut nous rejoindre. Thomas a vu et a cru. La foi exige la constatation mais va plus loin que la constatation. Saint Augustin commente justement : « Il a vue une chose, il a cru une autre. » Thomas a vu l’humanité du Christ avec les marques de la mort, il a cru à sa divinité source de vie. Il y a toujours un mouvement de ce qu’on voit à ce qu’on ne voit pas. On voit un jardinier, un pèlerin attardé, un passant sur le rivage, qui d’un mot ou d’un geste ouvre notre horizon et élargit notre regard. On voit Jésus dans notre humanité faisant des miracles ou marqué de nos souffrances ; il nous invite à ne pas nous enfermer. Les connaissances ne nous donnent pas la connaissance si nous nous y enfermons.

Il y a encore une deuxième remarque qui devrait remplir de joie et d’assurance, qui nous engage en même temps dans la révélation du mystère du Christ ressuscité. Jésus dit encore : « Bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. » Notre foi c’est la foi de l’Église, celle qui depuis les premier témoins, les témoins directs et complets, a été transmise par une succession des témoins jusqu’à nous, celle dont nous devons, à notre tour, témoigner en annonçant la Bonne Nouvelle à tous les hommes : Jésus est ressuscité.

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